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La révolution numérique – Edito de l’ADEME Newsletter #AFT

Actualités

Publiée le 10 Sep 2018

Le numérique a considérablement bouleversé nos vies, c’est une évidence. L’ADEME, qui est l’opérateur de l’Etat pour accompagner la transition de notre pays vers un modèle bas carbone, est convaincue que ces évolutions peuvent être un puissant levier pour répondre aux enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Les technologies digitales, les progrès de l’électronique offrent de nombreuses opportunités à saisir, des possibilités immenses pour aller vers la mutualisation, le partage et l’optimisation des ressources. Cette question des ressources est au cœur de la transition écologique.

Ces 50 dernières années, la population mondiale a plus que doublé (3 Mds à 7 Mds) tandis que la consommation de ressources a, elle, presque quadruplé (23 Mds de tonnes à 85 milliards de tonnes).

La pression sur les ressources s’accentue et dans le même temps, on a en notre possession des outils formidables pour produire et consommer autrement nous permettant ainsi de construire un modèle plus sobre en ressources.

Si on prend le smartphone par exemple, avec un seul appareil de 100 grammes, on peut téléphoner, gérer son quotidien, surfer sur internet, faire des photos alors qu’il y a 30 ans, il fallait plusieurs appareils différents pour faire tout ça. Toutefois, pour produire ce smartphone, il faut aujourd’hui encore 70 kilos de matériaux dont certains ont des gisements limités. Sans oublier que le taux de renouvellement de ces appareils est élevé, ce qui fait que ce ne sont pas moins de 30 millions de téléphones qui dorment dans les tiroirs.

Tout le paradoxe dans la transition numérique est qu’elle « disrupte » nombre de pratiques et de modèles, tout en s’inscrivant dans une culture productiviste et prédatrice de l’environnement typique du siècle passé.

Il faut donc mieux articuler les deux transitions, la transition numérique et la transition écologique, la première ne pouvant pas se faire sans la deuxième. D’autant que les secteurs les plus concernés par la révolution numérique sont aussi ceux qui ont le plus d’impacts sur l’évolution du climat, avec de forts enjeux économiques et sociétaux : les transports, l’énergie, l’industrie et le bâtiment.

La transition énergétique impose de « changer de logiciel », d’aborder les process différemment, de faire évoluer les pratiques, d’apprendre à gérer différemment l’énergie et les matières … bref, de faire mieux avec moins de ressources. Grâce à l’électronique et au numérique on peut significativement améliorer la performance environnementale et énergétique de ces secteurs de consommations.

Aujourd’hui, on est tous producteurs de données et leur traitement permet de développer des offres pour se déplacer autrement, maîtriser sa consommation d’énergie, profiter d’un usage sans avoir besoin d’acheter un bien.

L’électronique et le numérique ouvrent d’innombrables possibilités pour une gestion plus efficace des ressources et la nécessité d’aller vers un monde bas carbone leur offre de nouveaux relais de croissance.

Par exemple, dans le cas des systèmes électriques, l’insertion massive d’énergies renouvelables, intermittentes et décentralisées, va requérir de nouvelles capacités de stockage, un besoin de flexibilisation de la demande, ce qui complexifie la gestion du réseau, par ailleurs impacté par le développement de nouveaux usages comme le véhicule électrique. Il faut donc développer de nouveaux moyens de pilotage qui font très largement appel aux technologies électroniques et numériques.

Dans le secteur des transports, les technologies électroniques et numériques ont véritablement bouleversé le secteur comme le montre par exemple l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché de l’automobile qui proposent des services de mobilité comme l’autopartage, le co-voiturage, mais aussi de nouvelles façons d’aborder l’objet « voiture » avec le véhicule connecté. L’intégration de l’électronique et du numérique ouvre sur ce secteur de formidables relais de croissance bouleversant des marchés et un changement des usages, ce qui va d’ailleurs dans le sens de la transition bas carbone des transports.

En revanche, la transition numérique ne se fera pas sans impact. Il existe en effet des cas où la solution développée pour permettre des économies d’énergie a, sur l’ensemble de son cycle de vie, un impact plus fort sur l’énergie et les ressources que les gains qu’elle permet. Il faut donc être vigilant pour que la transition numérique serve bien la transition écologique.

En parallèle, l’optimisation des ressources rendue possible par les pratiques d’économie circulaire est essentielle pour l’avenir du secteur de l’électronique, ne serait-ce que pour une question de disponibilité de la ressource.

Il y a trois grands axes de travail et d’actions à mener :

Tout d’abord, un travail sur la connaissance des impacts de l’électronique et du numérique car pour réduire, il faut connaître. Or, les impacts en termes de consommation d’énergie, de ressources, et d’émissions de gaz à effet de serre du déploiement des nouvelles technologies restent peu précis et peu partagés. Une étude de l’ADEME, sur l’évaluation du poids carbone des objets du quotidien, comme les smartphones, les tablettes, les imprimantes, les montres connectées est en cours de finalisation. Cette étude permettra notamment de mieux anticiper les besoins en matières associés à la production de ces biens.

Le deuxième axe est de travailler à la réduction des impacts environnementaux en développant notamment l’éco-conception des équipements, les procédés et filières de recyclage, l’allongement de la durée de vie ou d’usage des appareils.

On a maintenant une Loi qui inscrit notre pays résolument dans la transition vers l’économie circulaire, avec l’objectif de découpler progressivement la croissance économique et la consommation de matières premières au travers d’une consommation et une utilisation plus efficace des ressources.

Enfin, le troisième axe est d’agir sur les comportements car s’il y a des produits, il y a aussi des utilisateurs.

A l’ADEME, on a coutume de dire que la transition écologique, ce sera 50% de technologie, 50% de changement de comportement. Il faut éduquer le consommateur au bon usage des technologies, il faut aussi éveiller les consciences sur les modes de consommation. Selon une étude ADEME, 88 % des français changent de smartphone dès qu’un nouveau modèle est proposé alors que le leur fonctionne encore. Les questions de sur-équipement, de sur-dimensionnement, de renouvellement trop fréquent de nos équipements et de lutte contre les gaspillages sont donc centrales.

En lien avec la question des usages, il ne faut pas négliger non plus la question de la solidarité. En France aujourd’hui, 15% de la population n’est pas connectée, c’est-à-dire n’a ni accès à internet chez lui, ni smartphone, soit par choix soit par manque de moyen. Quelle place pour ces personnes dans un monde ultra connecté ? On ne réussira pas les transitions, numérique et écologique, si on laisse une partie de la société sur le bord de la route.

Les défis sont donc nombreux mais passionnants car c’est un nouveau modèle de société qui est en train de construire. Nous avons le devoir, nous, tous acteurs de ces transitions, de faire en sorte que ce monde soit plus juste, plus équitable, plus sobre en ressources.

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